Suppléments de fer : comment les prendre pour qu'ils soient absorbés

Réponse rapide

Prenez le comprimé de fer avec un grand verre d'eau, une heure avant ou trois heures après les repas, entier et sans le mâcher, à au moins deux heures du café, du thé, des produits laitiers, des œufs et des antiacides. La vitamine C améliore l'absorption. Les selles noires sont normales. Le traitement dure généralement au moins trois mois.

Le café du matin et le comprimé de fer sont incompatibles, et pas à la marge : il faut deux heures entre les deux.

Prenez le comprimé de fer avec un grand verre d’eau, une heure avant ou trois heures après les repas, et espacez-le d’au moins deux heures du café, du thé, du vin rouge, des produits laitiers, des œufs, des légumineuses et du son. Avalez-le entier, sans le mâcher. Voilà, en résumé, la différence entre un traitement qui fonctionne et un traitement qui reste à moitié fait.

Le fer est l’un des compléments les plus mal pris qui soient. Non pas parce que les gens oublient, mais parce que presque personne ne sait que les aliments et d’autres médicaments peuvent bloquer une bonne partie de l’absorption, et parce que le traitement est abandonné dès qu’on se sent mieux — c’est-à-dire juste avant qu’il n’ait servi à quelque chose.

Pourquoi le moment de la prise compte autant

Le fer alimentaire existe sous deux formes. Le fer héminique, présent dans la viande, le poisson et les fruits de mer, s’absorbe facilement. Le fer non héminique, celui des légumineuses, des fruits secs, des légumes et des céréales enrichies, s’absorbe bien moins bien et se montre extrêmement sensible à ce qui l’accompagne. Les compléments apportent du fer non héminique, et héritent donc de cette même fragilité.

D’où le fait que la fiche de l’AEMPS pour les sels de fer par voie orale soit si explicite sur les délais à respecter. Ce n’est pas une recommandation de politesse : ce sont des substances qui forment des complexes avec le fer dans l’intestin et l’emportent sans qu’il soit absorbé.

Ce qu’il faut espacer du fer De combien
Thé, café, vin rouge Éviter les grandes quantités ; espacer la prise
Produits laitiers, fromage, œufs Au moins 2 heures
Son, légumineuses, céréales oléagineuses Au moins 2 heures
Compléments de calcium ou de zinc Au moins 2 heures
Antiacides (sels d’aluminium, de calcium, de magnésium) Au moins 2 heures
Thyroxine (thyroïde) Au moins 2 heures
Lévodopa, carbidopa, méthyldopa, entacapone Au moins 2 heures
Bisphosphonates (ostéoporose) Au moins 2 heures
Cyclines, fluoroquinolones, cefdinir (antibiotiques) Au moins 2 heures
Colestyramine 1-2 h avant ou 4-6 h après

La vitamine C va dans le sens inverse : elle augmente l’absorption du fer, aussi bien celle du complément que celle du fer non héminique des aliments. C’est pourquoi il est judicieux d’accompagner le comprimé d’un jus d’orange ou de kiwi plutôt que d’un café. Ce n’est pas une astuce d’internet ; cela figure dans la fiche du médicament et dans la revue des Instituts nationaux de la santé américains.

Les inhibiteurs de la pompe à protons — oméprazole, lansoprazole et compagnie — réduisent l’acidité de l’estomac et, avec elle, la quantité de fer non héminique que le corps parvient à extraire des aliments. Si vous en prenez un au long cours, c’est une donnée à mettre sur la table.

Tous les « mg » de fer ne sont pas le même fer

En rayon, vous verrez du sulfate ferreux, du fumarate ferreux, du gluconate ferreux et plusieurs autres formes. La différence pratique tient à la quantité de fer élémentaire qu’apporte chaque sel par unité de poids :

  • Fumarate ferreux : 33 % de fer élémentaire
  • Sulfate ferreux : 20 %
  • Gluconate ferreux : 12 %

Autrement dit, 300 mg de gluconate ferreux n’équivalent pas à 300 mg de sulfate. Ce qu’il faut regarder sur l’emballage, c’est le chiffre du fer élémentaire, qui est celui qui est déclaré.

À titre de repère sur les besoins quotidiens d’une personne en bonne santé, voici les apports recommandés du NIH :

Âge Hommes Femmes Grossesse Allaitement
1-3 ans 7 mg 7 mg
4-8 ans 10 mg 10 mg
9-13 ans 8 mg 8 mg
14-18 ans 11 mg 15 mg 27 mg 10 mg
19-50 ans 8 mg 18 mg 27 mg 9 mg
51 ans et plus 8 mg 8 mg

Une personne suivant un régime végétarien a besoin d’environ 1,8 fois ces chiffres, précisément parce que son fer est entièrement non héminique.

La limite supérieure tolérable chez l’adulte est de 45 mg par jour. Les compléments de fer seul la dépassent largement — beaucoup en apportent 65 mg — parce qu’ils sont conçus pour corriger une carence diagnostiquée, et non pour être pris indéfiniment au cas où.

Se supplémenter sans diagnostic n’est pas anodin

C’est le point le plus souvent sauté. Un complément de fer n’est pas indiqué contre « la fatigue » tout court. La fiche du médicament le dit clairement : lorsqu’on traite une anémie ferriprive, il faut aussi rechercher la cause de ce manque de fer afin de pouvoir la traiter. Chez un homme adulte ou une femme ménopausée, une carence en fer sans explication évidente est un constat qui mérite un bilan, pas un flacon de comprimés.

Par ailleurs, les sels de fer sont contre-indiqués si vous avez déjà plus de fer qu’il n’en faut, ou si votre anémie n’est pas due à une carence en fer — thalassémie, anémie réfractaire, anémie par défaillance de la moelle osseuse. Et si la carence est associée à un trouble inflammatoire, le traitement oral ne sera tout simplement pas efficace.

Le moyen de savoir dans quelle situation vous êtes est une analyse. L’OMS fixe le seuil de ferritine sérique définissant la carence en fer à moins de 15 µg/L chez l’adulte et l’adolescent, et moins de 12 µg/L chez l’enfant de moins de cinq ans. En présence d’une infection ou d’une inflammation, ce seuil monte à 70 µg/L, car la ferritine s’élève artificiellement. C’est pourquoi l’analyse est interprétée par un médecin et non par un moteur de recherche.

Les effets gênants et ceux qui n’en ont que l’air

Les troubles digestifs sont fréquents : constipation, diarrhée, ballonnements, douleurs abdominales et nausées touchent jusqu’à 1 personne sur 10.

Les selles noires sont également fréquentes. Cet effet est inoffensif et ne signifie pas qu’il y a un saignement. Il vaut mieux le savoir à l’avance pour ne pas s’alarmer — et pour ne pas le confondre avec une véritable hémorragie digestive, qui a un autre aspect et s’accompagne généralement d’autres symptômes.

Deux précautions que l’on néglige :

  • Ne sucez pas, ne mâchez pas et ne gardez pas le comprimé en bouche. Cela peut provoquer des ulcérations buccales et une coloration des dents. Avalez-le entier avec de l’eau.
  • Si vous avez des difficultés à avaler, demandez conseil avant de commencer. Un comprimé de fer qui reste dans l’œsophage ou passe dans les voies respiratoires peut causer des lésions sérieuses.

Le traitement dure plus longtemps qu’on ne le croit

Corriger l’anémie et reconstituer les réserves sont deux choses différentes. L’hémoglobine se rétablit avant la ferritine, si bien que se sentir bien ne signifie pas avoir terminé. La durée dépend de la sévérité de la carence, mais il faut généralement au moins trois mois, et souvent davantage, en se guidant sur les paramètres sanguins. N’interrompez pas le traitement trop tôt même si vous vous sentez mieux : la rechute est la règle.

Quand consulter

Demandez un avis médical si :

  • Vous avez de la fatigue, une pâleur ou un essoufflement et vous n’avez pas fait d’analyse. Ne commencez pas à vous supplémenter à l’aveugle.
  • Vous êtes un homme adulte ou une femme ménopausée et l’on vous a détecté une carence en fer sans cause évidente.
  • Vous voyez du sang dans les selles, des selles noires et collantes à l’odeur forte, ou vous vomissez quelque chose ressemblant à du marc de café.
  • Vous avez des règles très abondantes qui vous obligent à changer de protection toutes les une ou deux heures.
  • Vous perdez du poids sans le vouloir, ou vous avez des douleurs abdominales persistantes.
  • Vous êtes en traitement depuis des semaines et vous ne constatez aucune amélioration, ou les analyses ne bougent pas.
  • Une toux persistante, une toux avec du sang ou une gêne respiratoire apparaît après avoir avalé de travers un comprimé, même longtemps après.
  • Un enfant a avalé des comprimés de fer par accident : c’est une urgence. Appelez le service d’information toxicologique (91 562 04 20 en Espagne) ou rendez-vous aux urgences.

Cet article est une information générale et ne remplace pas l’évaluation d’un professionnel de santé. Sources : Notice du sulfate ferreux, CIMA-AEMPS · Iron — Fact Sheet for Health Professionals, NIH Office of Dietary Supplements · WHO guideline on the use of ferritin concentrations to assess iron status

Cet article a été généré par intelligence artificielle et n'a été relu ni par un pharmacien ni par aucun autre professionnel de santé avant sa publication. Il peut contenir des erreurs ou des informations obsolètes : consultez toujours un professionnel de santé avant de suivre une quelconque indication.

Ces informations sont générales et indicatives. Elles ne remplacent pas la consultation de votre médecin ou de votre pharmacien, qui évaluera votre cas particulier.

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