Le paracétamol et l’ibuprofène soulagent tous deux la douleur et font baisser la fièvre, mais ils agissent différemment. Bien choisir évite les effets indésirables et rend le traitement plus efficace.
La différence en une phrase
Le paracétamol est antalgique et antipyrétique : il calme la douleur et fait baisser la fièvre. L’ibuprofène fait la même chose et, en plus, il est anti-inflammatoire : il réduit le gonflement et la rougeur des tissus.
Cette différence détermine presque toujours lequel choisir.
Quand choisir le paracétamol
C’est le premier choix quand il n’y a pas d’inflammation en jeu :
- Mal de tête et migraine légère
- Fièvre sans autre symptôme
- Mal de gorge
- Malaise général lié à un rhume ou une grippe
- Douleur articulaire d’arthrose sans poussée inflammatoire
C’est aussi l’antalgique à privilégier si vous avez des problèmes d’estomac, si vous prenez des anticoagulants, en cas d’hypertension, d’asthme ou de maladie rénale, et pendant la grossesse et l’allaitement.
Quand choisir l’ibuprofène
Quand le problème implique une inflammation :
- Entorses, contusions et chocs
- Douleurs musculaires et tendinites
- Rage de dents et abcès dentaires
- Douleurs menstruelles
- Mal d’oreille
- Lombalgie et sciatique
Doses habituelles chez l’adulte
Pour un adulte en bonne santé, sans ordonnance et sur quelques jours seulement :
| Médicament | Dose par prise | Intervalle | Maximum par jour |
|---|---|---|---|
| Paracétamol | 500–650 mg | toutes les 6–8 h | 3 g |
| Ibuprofène | 400 mg | toutes les 8 h | 1 200 mg |
Deux précisions importantes :
Le paracétamol à 1 gramme est soumis à ordonnance en Espagne depuis 2018 et ne doit pas être pris de sa propre initiative. Le plafond de 3 g par jour est la limite recommandée en automédication ; le dépasser durablement abîme le foie.
L’ibuprofène se prend pendant ou juste après le repas, avec un grand verre d’eau. La dose de 600 mg est également soumise à ordonnance : pour une douleur légère à modérée, 400 mg suffisent généralement et présentent moins de risque gastrique.
Précautions avec l’ibuprofène
L’ibuprofène appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et en partage les risques. Demandez conseil avant de le prendre si :
- Vous avez ou avez eu un ulcère, une gastrite ou un reflux
- Vous prenez des anticoagulants, des corticoïdes ou des antidépresseurs ISRS
- Vous souffrez d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou de problèmes rénaux
- Vous êtes asthmatique : il peut déclencher un bronchospasme chez certaines personnes
- Vous êtes enceinte — il est déconseillé pendant toute la grossesse et contre-indiqué à partir de la 20ᵉ semaine
L’erreur la plus fréquente : doubler la dose sans le savoir
De nombreux remèdes contre le rhume vendus sans ordonnance contiennent déjà du paracétamol. Si vous prenez un sachet pour le rhume puis un comprimé contre le mal de tête, vous pouvez dépasser la dose maximale sans vous en rendre compte. Vérifiez toujours la composition avant de combiner deux produits.
Alterner paracétamol et ibuprofène toutes les 4 heures est parfois recommandé en cas de forte fièvre qui ne cède pas, mais cela doit être indiqué par un professionnel de santé et ne pas se prolonger.
Quand arrêter l’automédication
Consultez un médecin si :
- La fièvre dépasse 39 °C ou dure plus de trois jours
- La douleur ne s’améliore pas après 3 à 5 jours de traitement
- Une douleur d’estomac intense, des selles noires ou des vomissements de sang apparaissent
- Il y a une raideur de la nuque, de la confusion ou une difficulté à respirer
- Il s’agit d’un bébé de moins de 3 mois avec de la fièvre
Ces informations sont générales et indicatives. Elles ne remplacent pas la consultation de votre médecin ou de votre pharmacien. Sources : AEMPS — Agence espagnole des médicaments et produits de santé, fiches techniques du CIMA.
